GUIDE SENTIMENTAL DE VENISE de Diego Valeri (1887-1976)

Ce poète italien naît à Piove di Secco, près de Padoue, en 1887. Après des études en lettres (Doctorat Université de Padoue 1909), il obtient une bourse pour aller à la Sorbonne (1912).

Il enseignera l’italien et le latin au lycée Marco Polo à Venise ainsi que la littérature française et la littérature moderne et contemporaine à l’université de Padoue. Durant la guerre, il devra temporairement quitter l’Italie à cause de ses idées antifascistes. Socialiste convaincu, il s’opposera au fascisme et sera forcé d’interrompre ses activités d’enseignement à l’université pour avoir refusé de s’inscrire au parti fasciste. Contraint à l’exil, il se réfugie en Suisse durant l’occupation nazie de 1943-1945.
Il a notamment publié une foule de recueils de poésie de 1913-1975 ainsi que des essais, des traductions (Flaubert, Stendhal, entre autres) et autres écrits parmi lesquels figurent Guide sentimental de Venise (Guida sentimentale di Venezia, 1942), Fantaisies vénitiennes (1934) et Calle del Vento (1975).
On peut voir la maison qu’il a habitée à Venise, Fondamenta dei Cereri (2448B) non loin des Carmini.

Vous trouverez ci-dessous quelques extraits de son Guide sentimental de Venise qui n’est plus édité aujourd’hui.

 VALERI, Diego. Guide sentimental de Venise, Neuchâtel, Ed. à la Baconnière (trad. Henri de Ziégler), 1943, 160 p.

 

« […] à l’intérieur des chambres closes, le miroitement du soleil dans l’eau se reflète et ne cesse de jouer sur les parois et les plafonds.. Où qu’on aille, si l’on baisse les yeux, on voit une ville renversée en un ciel plus lumineux que le ciel véritable; si on les lève, on voit des lueurs et des scintillements courir sur la face des palais, qui ne sont plus de marbre et de briques, mais d’une matière magique, semblable à celle dont naissent les rêves , les peintures. Tout est peinture dans ce pays physique et métaphysique, tout y est rêve de peintre, jusqu’à la plus solide et massive architecture, jusqu’à votre personne de chair et d’os. » p.12 

« Venise est une ville qui éveille chez les véritables vivants toutes les puissances vitales, les empêchant de s’endormir dans l’automatisme des pensées, leur donnant des motifs toujours nouveaux de stupeurs et d’exaltations. » p.15

«Est-il besoin de dire qu’en écrivant ce petit livre, nous n’avons pas eu l’illusion de résoudre l’énigme insoluble qui s’enferme dans le nom de Venise? Histoire et légende, vers et prose, spleen et idéal, grandeur et décadence, Dichtung und Wahrheit, tout a déjà été mis en œuvre pour traduire par des mots l’ineffable cité. Résultat de ce travail : beaucoup de pages admirables, mémorables, mais non pas une page qui nous donne la clef du mystère. Si l’on continue à écrire sur Venise, ce n’est donc pas qu’on espère en « achever la louange » mais seulement pour « soulager son âme ». Dante parlait ainsi de Béatrice; et c’est ainsi que nous parlons de Venise, notre amour en forme de ville.» p.157-158

 

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