LES GRAND-MERES de Doris May Lessing (1919 -)

doris lessing

Editions J’ai Lu
ISBN 9782290059777
Prix 5 €

Sur la terrasse d’un café dominant la baie de Baxter’s Teeth, deux familles, qui semblent n’en former qu’une, se prélassent au soleil. Roz et Lil, les grand-mères, toutes deux d’une grande beauté, sont entourées de Tom et lan, leurs fils, et de leurs petites-filles. La perfection offerte à l’admiration de tous. Jusqu’à ce que Mary, la femme de Tom, surgisse, ivre de colère, jetant une ombre sur ce tableau idyllique.
 
Publié en 2003, la nouvelle de Doris Lessing, prix Nobel de littérature en 2007, raconte les passions transgressives de deux mères quadragénaires, inséparables amies d’enfance, qui tombent chacune amoureuse du fils de l’autre.
Doris Lessing dessine un portrait de femmes sans concession et parfois même cruel. Dans un style simple mais précis et évocateur, elle raconte l’amitié fusionnelle des deux femmes, qui semblent ne plus former qu’une, à tel point que leurs deux familles (elles ont chacune un fils) se mélangent et deviennent indissociables. Elles semblent n’exister que dans leur propre monde, et prennent d’ailleurs soin de ne pas laisser quiconque pénétrer leur bulle, tout en faisant grand cas des apparences. Lorsque les deux femmes débutent chacune une aventure avec le fils de l’autre, leur monde en est à jamais bouleversé… Mine de rien, Doris Lessing joue elle aussi le jeu des apparences : derrière cet univers un peu cliché (bord de mer, café « populaire mais bohème », paréos…), elle aborde des sujets sérieux : l’amour, sous toutes ses formes – familial, filial, conjugal, et même, en un sens, incestueux ; mais aussi la jalousie, le temps qui passe ou bien encore les codes de la société, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
‘Les Grand-mères’ est un livre qui dérange ; ses personnages sont peu attachants, et l’ensemble est un peu froid. Il se termine un peu abruptement, laissant un goût d’inachevé, mais n’en reste pas moins un texte intriguant qui fait réfléchir sur son propre rapport à la famille et au monde.
Doris Lessing est née en Perse en 1919 et a vécu une grande partie de son enfance au Zimbabwe. Célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950 – sortie en poche en septembre 2013) elle est aussitôt apparue comme un écrivain engagé. Elle est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages parmi lesquels Le Carnet d’or (Prix médicis étranger en 1976).

Les grands-mères sulfureuses de Doris Lessing prennent les traits de Naomi Watts (Lil) et Robin Wright (Roz) dans l’adaptation, sous le titre Perfect Mothers, d’Anne Fontaine (Coco avant Chanel, Mon pire cauchemar), en salles ce 3 avril 2013.

 

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